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"Plus d'un, comme moi sans doute, écrivent pour n'avoir plus de visage. Ne me demandez pas qui je suis et ne me dites pas de rester le même : c'est une morale d'état civil; elle régit nos papiers. Qu'elle nous laisse libre quand il s'agit d'écrire."
Michel Foucault
Tout au long de la coupe du monde sud-africaine, l’on m’a rabâché, souvent
sous le couvert de la plaisanterie et parfois en usant de quelques insinuations à peine déguisées, que le football était un sport pratiqué et regardé par des bœufs. En voilà une révélation. Comme
des milliards d’êtres humains, je suis un bœuf ! Soit. Le bœuf que je suis tient simplement à rappeler, à toutes les personnes qui ont la fâcheuse manie d’opposer tout ce qui est populaire
__ le football en est la parfaite illustration __ à l’intelligence et le monde de la culture en général, que l’on peut lire « A la recherche du temps perdu » après avoir vibré
devant un match de foot et que le spectacle qu’offre ce sport populaire rassemble des millions de personnes aux trajectoires et profils complètement différents. C’est peut-être là que
réside sa magie, n’est-ce pas ?
Les tractations vont bon train pour le choix du futur sélectionneur des
verts. Chacun y va de son nom. Pendant que les uns louent les qualités des entraîneurs locaux, d’autres ne jurent que pour un sélectionneur étranger, qui plus est de renom, pour redonner des
couleurs à notre sélection nationale.
Loin d’être un expert ni un fin connaisseur du football, comme peut l'être mon ami
Abdel, je me permets, moi aussi, de suggérer un nom ; et pas des moindres.Je vous le dis
tout de suite, il est Algérien. Car, comme beaucoup d’entre vous, je fais confiance aux talents locaux (mentoudj bladi). Notre homme a toutes les qualités requises pour le poste.
D’ailleurs, aux côtés de ce meneur d’hommes pugnace, les joueurs n’auront d’autres choix que de se transcender sur un terrain.
Certes, ses connaissances footballistiques ne font pas l’unanimité puisqu’il n’a jamais
drivé une équipe de foot auparavant.Mais l’homme politique d’expérience qu’il est
compensera, à coup sûr, ses nombreuses lacunes techniques. Autre argument qui plaide en sa faveur : sa beauté et sa prestance. En effet, comme le prochain mondial se tiendra au Brésil, pays
de la samba et des jolies filles, il n’y a qu’un homme pour représenter le glamour à l’algérienne : notre ami Abdellah Djabalah.
Si vous estimez vous aussi qu’Abdellah est le sélectionneur tout trouvé des verts, je
vous invite à joindre votre voix à la mienne pour demander à Mr Raouraoua, président de la fédération algérienne de football, de le nommer à ce poste.Les brésiliennes n’ont qu’à bien se tenir !
Aujourd’hui, nous fêtons en grandes pompes la double fête de
l’indépendance et de la jeunesse. Voilà de quoi vous réjouir, chers compatriotes : l’Algérie est toujours jeune et indépendante (je me permets tout de même d’émettre quelques
réserves …). Youpi ! Mais la célébration de ces dates anniversaires tel le 5 Juillet ou le 1er Novembre, au fort potentiel symbolique, ne doit en aucun cas être l’occasion de
verser, comme à l’accoutumée, dans un populisme ignare, manipulateur, têtu, improductif et surtout irresponsable. Bien au contraire, nous devons nous pencher avec une lucidité sans failles sur
nos tares et nos travers ; nous devons donc tirer un bilan sans concessions des ces 48 ans d’indépendance. Un bilan bien évidemment qui n’épargnera ni les hommes ni les idéologies
qui les animent. Ce ne sera pas une chasse aux sorcières mais plutôt un regard rétrospectif et critique dans le but de donner des bases solides et pérennes à notre jeune nation, en évitant les
erreurs du passé. Pour cela, il faut tout mettre sur la table ; et sans tabous.Car si l’Algérie ne
décolle toujours pas et patauge toujours dans des crises à répétition, malgré toutes ses potentialités humaines et ses richesses naturelles, ce n’est sans doute pas le fruit du hasard et encore
moins d’une quelconque fatalité ou malédiction.
Ps : Bonne fête à toutes et à tous. Des lendemains meilleurs et enchanteurs, c’est tout le mal que je nous souhaite.
Dans la douceur d’une soirée d’été, tu te laisses bercer dans le creux de
ton hamac de fortune fait d’un assemblage bigarré et improbable de draps. L’été est là. Enfin. Au fond de ton petit jardin ceinturé de barbelés (le prix de la quiétude ?), tu
rêves et tu vis l’été. Cette parenthèse enchantée de ta vie vaut tous les voyages et tous les sites touristiques de la terre, car il s’agit de ton petit îlot de bonheur. Plus rien ne peut
t’atteindre ; tu es l’immensité même. Certes le monde ne t’appartient toujours pas mais tu réussis tout de même à te soustraire à lui le temps d’une petite sieste, l’espace d’un instant
d’égarement. Ce sont les seuls moments où tu es persuadé d’être heureux. Et ça te suffit amplement.
L’élimination de l’Algérie du mondial sud africain a plongé bon nombre d’Algériens dans une tristesse
incommensurable, poussant même certains, sans doute pour des raisons extra-sportives, à se livrer à des actes de vandalisme intolérables et inexcusables. Parce que dans cette affaire là, c’est
une nouvelle fois l’image de l’Algérie qui est écornée ; une image déjà sacrément malmenée. Alors, de grâce, épargnez-nous ce spectacle affligeant auquel vous associez le drapeau algérien en
toute irresponsabilité et inconséquence.
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