Mercredi 14 Mai 2008
        Partir. Changer de vie. Se soustraire à toutes les contraintes du quotidien. Chercher l’ailleurs. Voyager. Ouvrir les yeux sur d’autres réalités, d’autres façons d’appréhender le monde. Prendre le temps de regarder l’autre et avoir l’espoir en l’humanité. Chanter la beauté du monde. Prendre du plaisir à marcher, errer, flâner, respirer, toucher, sentir, voir.
 
       Autant de petites choses qui nous font rêver tous les jours. Nous cherchons l’ailleurs, l’aventure, les défis et l’inconnu. Nous sommes tous faits ainsi. Enfin, je n’en suis pas sûr. Maintenant que l’occasion se présente à nous, avec le naufrage programmé de dzblog, les choses ne sont pas aussi faciles qu’on ne le pense. On hésite. On tergiverse. On a peur de perdre sont petit confort, son cocon. A l’approche du départ, les intimes nous manquent déjà, l’ailleurs n’exerce plus d’attrait sur nous, nous sommes moins éblouis par les chimères que l’on s’est forgées. On devient contemplatif et nostalgique. Les plaisirs du quotidien ont une saveur particulière.

       L’instant décisif approche. Le temps est assassin, il ne nous laisse aucune chance. Plus de recours possible.
        
      La porte d’à côté. Le voisin de palier et son bébé qui ne dort jamais. Le facteur. Les hommes et les femmes que l’on a l’habitude de voir tous les jours. Le soleil. Le bruit du  marteau-piqueur en bas de l’immeuble. Les travaux qui traînent. L’ascenseur qui ne fonctionne plus depuis belle lurette. L’humeur désagréable des collègues le matin. Les reproches incessants de la copine jalouse. Le prix de la pomme de terre…  
           
      Cette expérience nous aura appris au moins une chose : le monde dans lequel nous vivons est fragile. Sa fragilité fait tout son charme. C’est pour cela que l’on s’accroche à des miettes. Le bonheur tant recherché, au grand dam de nos âmes portées par le voyage et la découverte, n’est pas forcément ailleurs. S’il existe vraiment, on peut le trouver partout, surtout dans le pré. Il suffit de vivre avec les gens que l’on aime, que l’on apprécie, pour espérer le croiser. Il est donc à portée de main. Plutôt rassurant tout ça. Tant mieux !           
 
(*) Cette affirmation n’est pas la mienne. Si vous avez des objections à émettre, prenez contact avec son auteur, à savoir Michel Houellebecq.
 
 

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Pseudo: NekkiniCatégorie: SociétéDescription:
Plus d'un, comme moi sans doute, écrivent pour n'avoir plus de visage. Ne me demandez pas qui je suis et ne me dites pas de rester le même : c'est une morale d'état civil; elle régit nos papiers. Qu'elle nous laisse libre quand il s'agit d'écrire. Mich
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