« Non ! Mille fois non ! Même pas en rêve. » C’est tout ce qu’elle a à la bouche en ce moment. Je n’arrive toujours pas à convaincre ma copine de rejoindre le comité de soutien, que j’ai créé, pour la candidature de Atika pour un troisième mandat. Pourtant, j’ai tout essayé pour lui faire entendre raison, sans succès. L’heure est grave.
De toute façon, je m’attendais un peu à une telle opposition de sa part. Il faut dire que son intelligence et sa perspicacité ne me facilitent pas la tâche. Mais je ne désespère pas pour autant. Je l’aurais certainement à l’usure.
J’ai beau lui ressasser qu’elle est indispensable à la mission que je me suis assigné, que son soutien à ma démarche ne fera que crédibiliser l’apprenti politicard que je suis, mais ses idéaux se dressent telle une barrière infranchissable m’empêchant de l’associer à mon rêve, un peu fou, de me voir ministre dans le prochain gouvernement.
Il faut que je redouble d’ingéniosité pour infléchir sa position. Pour cela, rien de mieux qu’un bon bombardement de belles paroles et de compliments. Ce stratagème vieux comme le monde fonctionne toujours bien avec les filles, surtout si l’on y ajoute un bouquet de fleurs. Mais je ne m’arrêterai pas là, car ce n’est pas assez suffisant pour ébranler ses certitudes.
Tout à coup, je trouve sublime l’idée d’avoir le portrait du président de la république dans le salon. Oui, c’est ce que je vais faire. Je suis certain que voir la figure du président tous les jours aidera ma copine à dépasser son refus épidermique de soutenir la candidature du raïs. Et j’ajouterai à cela l’écoute quasi quotidienne de tous les discours présidentiels où l’on voit Abdelaziz I taper du poing sur la table. Après quelques jours de thérapie, ma copine changera certainement d’avis. En tout cas, elle a intérêt à le faire, sinon je serai obligé de …
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