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Vendredi 29 Février 2008

 

            J'avais prévu pour aujourd'hui de vous parler de la jolie boulangère blonde. Mais, pour des raisons que je vais vous expliquer, je me contenterai juste d'effleurer cette question.
           Pourtant, depuis quelques jours, je dispose d'éléments nouveaux la concernant. Oui, chers amis, je suis surexcité. Mes projets secrets avec la jolie boulangère blonde, que je partage uniquement avec vous, prennent peu à peu forme. Et le comble, c'est que, jusque-là, ma copine ne se doute encore de rien. Je garde donc une marge de manoeuvre suffisante. Non, je ne suis pas sadique et pas du tout infidèle. Par contre, je vous le concède, le jour où elle l'apprendra, je serais définitivement infidèle. Ce n'est pas encore le cas ! Voyez-vous, amis lecteurs, je suis honnête avec vous. Je ne vous mens pas. Je ne me le permettrai pas.
            Voici la phrase qui m'a contraint d'aborder autre chose que de mes amours potentielles avec la jolie boulangère blonde : « Il faut laisser vivre vos articles ». Ce petit conseil, que j'ai reçu de la part d'une amie, a pris des résonances intéressantes dans ma tête. J'écris donc vite. Suis-je en train de devancer les événements ω Je ne le pense pas. C'est la machine infernale de l'actualité qui nous impose ses rythmes. Nous sommes tout le temps dans l'urgence, acculés de toutes parts par les sujets brûlants de l'actualité. Nous sommes happés et contraints de réagir. Pourtant, la logique et le bon sens commun voudraient que nous soyons dans la réflexion et non dans la réaction. Mais peut-on toujours le faire ω Pas sûr.
            En effet, vu ce qui se passe actuellement, dans notre pays, ce n'est pas chose aisée. Quand on apprend, entre autres informations, que le gouvernement qualifient les fonctionnaires grévistes d'agitateurs, qui faut-il le rappeler sont dans leur bon droit, et se résout donc à les traduire en justice, en poussant la situation au pourrissement, on ne peut que crier notre omerta. Pour le gouvernement algérien, c'est sans doute moins gratifiant d'écouter les doléances des fonctionnaires. La priorité est aux motions de soutien pour Bouteflika et aux différentes tractations autour du troisième mandat, non pour ces méchants fonctionnaires manipulé par la main de l'étranger ! Je commence à m'énerver. Il vaut mieux que je m'arrête. C'est promis, la prochaine fois, je vous parlerai de choses plus légères. Il sera question de moi et de la jolie boulangère blonde. Et de ma copine aussi !
 
Jeudi 28 Février 2008

 

            Hier, aux environs de 18h, je suis sorti faire un tour en ville. La pluie fine, qui ne cessait d'arroser les têtes des derniers badauds, n'a pas eu raison de mon envie d'humer l'air humide du soir. J'en ai profité aussi pour jouer au loto, sans toutefois aucun espoir de gains ! Drôle de façon tout de même de gaspiller son argent. Je vous rassure, je ne mise que de petites sommes, une fois tous les ... tremblements de terre. Et comme il y en a de plus en plus, je vous laisse deviner la suite !
            J'aime bien traîner le soir en écoutant de la musique. Que voulez-vous, chacun s'évade à sa manière. J'en avais vraiment besoin, après le délire d'hier. Faut dire que c'est un exercice que j'affectionne. Marcher et se laisser transporter par la musique, quel plaisir. Ce cadre m'offre les conditions idoines à la réflexion. Je retrouve mes sens et mon côté rationnel qui m'a fait défaut quelques heures auparavant. A présent, tout s'éclaircit dans ma tête. Je distingue les sujets brûlants de l'actualité et mes états d'âmes liés à mes fantasmes, sans cesse grandissants, avec la jolie boulangère blonde.
            En parlant d'actualité, qui finit toujours par nous rattraper, je ne peux passer sous silence l'information, liée à la grève des fonctionnaires, que je viens de lire, ce matin, dans les journaux. En effet, je suis sidéré d'apprendre que des enseignants contractuels, au seul motif d'exercer leur droit de grève inscrit, par ailleurs, dans la constitution, soient licenciés. C'est vraiment le monde à l'envers.
             Je dois vous avouez que maintenant que la constitution se taille sur mesure, comme un beau costume griffé Dior ou Smalto, tout est permis. Il n' y a plus de limite. Aujourd'hui, c'est la révision de la constitution qui permettrait à Bouteflika de briguer un troisième mandat ; demain, c'est le droit de grève qui subira les foudres des passéistes patentés que sont nos dirigeants. Et qui sait jusqu'où iront-ils ω
            Normalement, la constitution est un garde fou qui garantit la pérennité et la stabilité de la République, en veillant à ce que tout un chacun exerce pleinement ses droits et se doit, par la même occasion, de respecter les lois qui la composent. Et c'est valable pour tout le monde, y compris pour le chef de l'Etat. A commencer par le chef de l'Etat, devrais-je dire !

Mercredi 27 Février 2008
 
            Je suis ébloui par sa beauté et sa grâce. Je me noie, à chaque fois que je la regarde, dans son regard malicieux. Elle sait qu'elle a une emprise sur le pauvre prétendant que je suis. Moi aussi, je le sais. Nous le savons tous les deux. Je crois que je ... Non, mon vieux, ne dis pas de bêtises ou des choses que tu pourrais regretter quelques jours plus tard. Soit un peu raisonnable. Fais un peu confiance à ta petite cervelle qui freine tes pulsions intempestives. Oui, cher ami, la matière grise, qui se cache à l'intérieur de ta tête mal coiffée, n'est pas ton ennemi. Prends le temps de la réflexion.
            Pas la peine de crier, je sais que tu l'as dans la peau cette jolie boulangère blonde. Non, rassure-toi, je ne me mettrai jamais entre vous deux. Je te demande juste quelques minutes de réflexion. C'est tout. C'est tout ce que tu me demande ω Oui, rien de plus ! Dans ce cas là, passe-moi une chaise, il faut que je m'assoie pour réfléchir. Chut ! Je réfléchis ...
            Maintenant que n'avons plus le droit de grève, que nous ne pouvons plus exprimer nos opinions librement sans qu'une procédure judiciaire ne soit engagée contre nous, pouvons-nous dire que nous sommes en plein exercice démocratique ω Nous assistons, comme par hasard, depuis 1999, à la régression des acquis démocratiques et à l'amenuisement des espaces d'expression , fruit de diverses luttes et sacrifices du peuple algérien. Eh oui ! Mes chers compatriotes, je crois que nous souffrons d'une Benalite. C'est ça, notre régime politique se benalise et se tunisianise de plus en plus ( excusez-moi cet usage abusif de néologismes). Si seulement nous pouvions fabriquer une machine pour voyager dans le temps ! Je lance un appel solennel à tout savant, même fou, pouvant fabriquer une machine à voyager dans le temps, de prendre attache avec nous. C'est promis, on vous rendra votre machine dés qu'on aura renvoyé toutes ces personnes, qui vivent encore dans la nostalgie du partie unique, dans les années soixante-dix
            Oups, je crois que qu'il y a un tout petit problème. Comme vous venez de le constatez, chers lecteurs, je me suis trompé de réflexion ! Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais ce petit paragraphe a fait irruption sans me demander mon avis. Il doit y avoir un bug dans ma tête. Tout se mélange : la jolie boulangère blonde, le troisième mandat, les motions de soutien, ma copine, le soleil de février, Benali, Abdelaziz I et II, mr legya, Mesk-Ellil, les MIG 29, El Guesbadjia, moi-même, Dakaci, la révision constitutionnelle, Bassel, assia, les réserves de change, ...
 
Mardi 26 Février 2008

 

            A la veille de chaque élection présidentielle, depuis 1999, les trois partis de la coalition gouvernementale plébiscitent la candidature de Bouteflika. Pour l'élection de 2009, il semblerait que le même scénario est privilégié.
            Cette coalition improbable, composée du vieux parti à l'éternelle jeunesse (le FLN), du jeune puceau à la moustache déjà grisonnante (le RND) et du cheikh, en costard, à la barbe bien taillée (le MSP), va, une fois de plus, décider du destin de notre pays.
            Cet hydre à trois têtes, qui prétend représenter l'essentiel de l'opinion publique algérienne, régente les affaires de l'Etat depuis près d'une décennie. Ce qui est tragique et mal sain dans cet aréopage de personnalités, qui ne sont pas au-dessus de tout soupçon, c'est que le fameux consensus chanté par ces trois formations ne s'est pas cristallisé autour d'un projet ambitieux et cohérent pour le pays. Bien au contraire, cette alliance a privilégié de magnifier l'image d'un homme, symbole des années de plombs, qui revient d'une longue traversée du désert, au dépend du véritable intérêt national. Non contents d'avoir bloqué et fermé le pays pendant une décennie, ces chantres des constantes nationales reviennent à la charge, de plus belle, pour nous vendre la candidature du seul homme capable, à leurs yeux, d'assumer les fonctions suprêmes. Autrement dit, sans Bouteflika, nous sommes condamnés à n'être qu'un troupeau privé de son berger !
            Ce show politique à l'algérienne, où des politicards bien entraînés et, souvent, mal intentionnés, ne peut qu'effrayer le petit citoyen que je suis. C'est pou cela que je me réfugie dans mon fantasme avec la jolie boulangère blonde. Je me dis que là au moins, ils ne peuvent pas m'atteindre ! Enfin, je l'espère !
 
Lundi 25 Février 2008

 

            Aujourd'hui, je vais traiter d'un sujet plus que sérieux. J'aborderai avec vous une question souvent passée sous silence, dont on ne parle jamais, ou très peu. Il s'agit du harcèlement sexuel, que subissent des milliers de femmes, au travail.
           A ma connaissance, il n' y a pas encore de statistiques officielles sur ce phénomènes rampant, qui touche toutes les entreprises et toutes les administrations. Pour l'instant, au grand dam de femmes et de filles qui souffrent au quotidien, cette question grave n'est pas encore, me semble t-il, prise au sérieux.
            C'est ainsi que, tous les jours, des femmes ou des jeunes filles partent travailler ou étudier avec la peur au ventre. Derrière le sourire de votre collègue de bureau se cache, peut-être, une femme angoissée et persécutée par son employeur ou son supérieur hiérarchique. Curieusement, cet appel au secours, à peine audible, ne trouve pas d'écho. Notre société nous enferme dans des tabous tels que nous feignons d'ignorer ce mal qui la ronge de l'intérieur.
            Le pire dans tout cela, c'est que ces femmes victimes de harcèlement souffrent doublement. En effet, outre le mal que provquent ces agissements ignobles d'hommes plus proches des animaux que des humains, s'agglutinent la honte et surtout l'incapacité, que ces femmes éprouvent, pour diverses raisons, à dénoncer ces pratiques, et ce de peur d'être étiquetées d'allumeuses, d'aguicheuses ou de femmes de mauvaise fréquentation.
            Notre devoir est de condamner fermement ces ignominies. Il ne faut surtout pas tourner le dos à cette question qui nous concerne tous. Dites-vous que cela peut arriver à votre soeur, votre femme, votre mère, votre copine, votre voisine, ...
            En vous disant cela, je pense tout à coup a la jolie boulangère blonde, en me disant qu'elle est peut-être en train de vivre un cauchemar à cause de son patron. Je dois la libérer. Ne t'inquiète surtout, jolie boulangère blonde, j'arrive avec mon cheval blanc pour te soustraire aux griffes du méchant employeur.
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Pseudo: NekkiniCatégorie: SociétéDescription:
Plus d'un, comme moi sans doute, écrivent pour n'avoir plus de visage. Ne me demandez pas qui je suis et ne me dites pas de rester le même : c'est une morale d'état civil; elle régit nos papiers. Qu'elle nous laisse libre quand il s'agit d'écrire. Mich
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