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Mardi 25 Mars 2008
Hier soir, j'ai fait un rêve. S'il vous plaît, n'y voyez aucune allusion à Martin Luther King. Mon rêve est somme toute banal, le rêve de monsieur tout le monde. Ce qui est tout à fait normal puisque je suis l'archétype même de monsieur tout le monde, du type banal sans grand intérêt.
Elle était belle, légère, gracieuse, mystérieuse, hautaine, secrète, inaccessible, aérienne, la jolie boulangère blonde, dans mon rêve. Je lui tenais la main. Faut dire qu'elle ne marchait pas. Non, la jolie boulangère blonde, dans son habit d'un blanc immaculé, les cheveux en l'air, flottait à côté de moi. Je sentais que si ma main lâchait la sienne, elle s'envolerait loin, très loin du misérable terrien que je suis. J'étais à la fois heureux et angoissé. En effet, j'étais submergé de bonheur à l'idée de partager un moment sublime avec la reine des boulangeries, mais un tantinet angoissé par la fragilité de cette plénitude qui m'envahissait. Nous étions en équilibre instable. Je craignais donc le moindre soulèvement de vent, le moindre petit bruit pouvant mettre fin à mon éden en construction. Mais, comme vous l'imaginez, les choses que l'on craint le plus surviennent inévitablement.
Dans mon rêve, jusque-là sublime, j'étais seul avec la jolie boulangère blonde. Nous étions le centre du monde, surtout elle. Tout à coup, j'aperçus une silhouette au loin, marchant vers nous. A environs cinq mètres de nous, il s'arrêta net et nous ordonna, sur un ton autoritaire, de nous séparer. Au départ, je croyais que j'avais affaire au père de la jolie boulangère blonde, ce qui aurait été d'une certaine manière, surtout sous nos latitudes, normal et prévisible. Mais, en scrutant très bien le visage de notre interlocuteur, j'avais cru reconnaître notre chef du gouvernement. Effectivement, c'était lui en chair et en os. En apercevant la foule de sbires qui était derrière Abdelaziz II, la jolie boulangère blonde paniqua. Elle dégagea aussitôt sa main de l'emprise de la mienne et s'éloigna de moi. Je lui lançai, pour la faire revenir sur sa décision, un regard froid et réprobateur. Apparemment le chef des redresseurs lui faisait peur. A mon avis, elle ne voulait pas être à l'origine d'un conflit qui m'aurait crée beaucoup de problèmes.
Devant l'injonction de m'éloigner de la jolie boulangère blonde, j'avais décidé de résister. Je m'étais dit que c'était le moment ou jamais de prouver à ma dulcinée que j'étais l'homme, le seul, qui méritait son amour. Il fallait donc tenir tête aux membres de cette assemblée improvisée qui, au nom de la morale, des constantes nationales, des principes fondateurs de la nation algérienne issus de novembre 54 et de mon non soutien à Abdelaziz I pour un troisième mandat, ne voulaient pas me voir à côté d'une jolie boulangère blonde, surtout en ces temps de flambée des matières premières.
Passée les quelques minutes de doute et de stupéfaction, j'avais retrouvé un semblant de sérénité me permettant de me poser les bonnes questions. Pourquoi les autorités algériennes s'opposaient à mon union, pas du tout illégitime, avec la jolie boulangère blonde ? Y a t-il des intérêts de l'Etat en jeux, dans toute cette affaire, dont je n'avais pas connaissance ?
Après cela, j'avais pris mon courage à deux mains et je me m'étais adressé à mes adversaires du moment dans le but d'en savoir davantage. Rien ! Pas de réponse. La seule chose que mes interlocuteurs avaient daigné me dire était ceci : « Cher monsieur, nous n'arrivons pas à comprendre votre acharnement à battre en brèche tous les arguments en faveur d'un troisième mandat pour notre raïs. C'est vraiment dommage que des jeunes algériens, comme vous, se mettent à freiner un élan que son excellence le président de la république à insuffler au pays depuis 1999. Notre mission, à nous membres du gouvernement, est de ramener les brebis égarées dans le troupeau. Nous savons pertinemment que vous n'êtes pas responsable de vos opinions. Vous êtes encore jeune, donc influençable par la main de l'étranger. Une girouette, oui, c'est cela, vous êtes une girouette qui tourne au gré des vents. Ceci dit, il n' y a pas que cela qui nous horripile. Effectivement, votre histoire qui débute avec la jolie boulangère blonde nous exaspère au plus haut point. Nous pensons que vous ne la méritez pas. Non pas parce que vous n'êtes pas beau ou pas intelligent ou quoique ce soit, mais simplement parce que la jolie boulangère blonde doit revenir à un type honnête, fidèle aux principes de la Révolution de Novembre, lecteur assidu d'El Moudjahid, apportant son soutien indéfectible au président de la RADP, ayant sa carte d'adhérent au FLN et à l'UGTA, maniant la langue de bois comme personne, ... »
Le flot de paroles terminé, et ayant touché mon amour propre, j'avais envie de contre-attaquer, de pester contre cette injustice qui s'était abattue sur moi. Je voulais défendre mes positions d'immature politique, de faire l'éloge de l'immature politique. Mais rien ne sortait de ma bouche. Or, il fallait réagir et ne pas perdre la face devant la jolie boulangère blonde. Un coup d'éclat, oui, c'est cela qu'il me fallait. Eurêka ! Je m'étais emparé de la jolie boulangère blonde par le bras, en prenant la peine de fixer du regard, longuement, mes adversaires, pour les narguer. Le baiser était inévitable. Personne ne pouvait m'empêcher de goûter aux lèvres de la jolie boulangère blonde. Je tenais donc ma victoire sur le FLN, les comités de soutien, la centrale syndicale, les gardiens de la morale et de la bien-pensance, ... Sauf sur mon radio-réveil. Il était 6h du matin. Une longue journée m'attendait. Le baiser pouvait bien attendre !
 
 
Vendredi 21 Mars 2008

            Hier soir, j'ai fait un rêve. S'il vous plaît, n'y voyez aucune allusion à Martin Luther King ! Mon rêve est somme toute banal, le rêve de monsieur tout le monde. Ce qui est tout à fait normal puisque je suis l'archétype même du monsieur tout le monde, du type banal sans grand intérêt.

            Elle était belle, légère, gracieuse, mystérieuse, hautaine, secrète, inaccessible, aérienne, la jolie boulangère blonde, dans mon rêve. Je lui tenait la main. Faut dire qu'elle ne marchait pas. Non, la jolie boulangère blonde, dans son habit d'un blanc immaculé, les cheveux en l'air, flottait à côté de moi. Je sentais que si ma main lâchait la sienne, elle s'envolerait loin, très loin du misérable terrien que je suis. J'étais à la fois heureux et angoissé. En effet, j'étais submergé de bonheur à l'idée de partager un moment sublime avec la reine des boulangeries, mais un tantinet angoissé par la fragilité de cette plénitude qui m'envahissait. Nous étions en équilibre instable. Je craignais donc le moindre soulèvement de vent, le moindre petit bruit pouvant mettre fin à mon éden en construction. Mais, comme vous l'imaginez, les choses que l'on craint le plus surviennent inévitablement.

            Dans mon rêve, jusque-là sublime, j'étais seul avec la jolie boulangère blonde. Nous étions le centre du monde, surtout elle. Tout à coup, j'aperçus une silhouette au loin, marchant vers nous. A en environs cinq mètres de nous, un homme de corpulence moyenne, à la barbe grisonnante, s'arrêta net et nous ordonna, sur un ton autoritaire, de nous séparer. Au départ, je croyais que j'avais affaire au père de la jolie boulangère blonde, ce qui aurait été d'une certaine manière, surtout sous nos latitudes, normal et prévisible. Mais, en scrutant très bien le visage de notre interlocuteur, j'ai cru reconnaître notre chef du gouvernement. Effectivement, c'était lui en chair et en os. En apercevant la foule de sbires qui était derrière Abdelaziz II, la jolie boulangère blonde paniqua. Elle dégagea aussitôt sa main de l'emprise de la mienne et s'éloigna de moi. Je lui lançai, pour la faire revenir sur sa décision, un regard froid et réprobateur.  Apparemment le chef des redresseurs lui faisait peur. A mon avis, elle ne voulait pas être à l'origine d'un conflit qui m'aurait crée beaucoup de problèmes.

                    
 
Mercredi 12 Mars 2008

            J'en ai un peu marre. Les histoires de troisième mandat, de révision constitutionnelle et tout le tralala commencent à m'ennuyer. Pour une fois, je ferai l'impasse sur l'actualité politique en Algérie. Enfin, je vais essayer. Les choses plus légères du quotidien me tentent plus.

            Après la dispute sur le prénom de l'hypothétique enfant, il fallait que je trouve une solution à l'ambiance détestable qui s'est installée entre moi et ma copine. D'habitude, quelques mots doux chuchotés à son oreille faisaient l'affaire. Mais, cette fois-ci, je sentais bien que c'était plus grave que je ne le pensais. Cette dispute n'était en fait que la manifestation symptomatique d'une crise aiguë de notre couple. Je suis sûr que mes cogitations des dernières semaines, quant à la stratégie que je dois observer pour conquérir le coeur de la jolie boulangère blonde, étaient, en partie, responsables de cette tempête qui nous secoue. Mais pas seulement, car il y aussi l'actualité politique et son lot de tracas qu'elle véhicule au quotidien.

            Dans un élan de désespoir et de peur de perdre la seule femme qui a su conquérir mon coeur, j'ai décidé de réagir. Désormais, ma seule priorité, c'est elle. Il fallait que je la bichonne et lui montrer que je suis toujours amoureux d'elle. Pour cela, j'ai commencé par lui offrir un gros bouquet de fleurs avec à l'intérieur une carte sur laquelle est écrit ceci : «  Je t'aime. Tu es la seule femme qui compte dans ma vie. Grâce à toi, mes pensées ne sont pas que pour toi, mais elles sont toutes par toi. » Oui, je sais que c'est nul, mais que voulez-vous, je n'ai pas trouvé mieux.

           De plus, j'ai décidé de boycotter la presse nationale, non pas parce que j'ai une dent contre elle, mais uniquement pour oublier la politique et les politicards qui la font. En effet, je me suis dis, en prenant la peine de me dessoûler avant, que la politique actuelle de Abdelaziz I et II ne doit en aucune manière, après avoir gâché la vie de millions d'algériens, rajouter à son tableau de chasse ma vie sentimentale.

            En réalité, la seule vraie mesure que je dois prendre pour reprendre une vie normale avec ma copine, outre ces petites mesurettes que je viens d'énumérer, c'est de renoncer définitivement à la jolie boulangère blonde. Suis-je encore prêt à le faire ω Je crois que non ! A moins que Abdelaziz I renonce à un troisième mandat !

Jeudi 06 Mars 2008

            Il y a un truc très chiant dans la vie d'un couple, les disputes. On peut toujours me dire qu'elles sont indispensables pour resserrer les liens entre l'homme et la femme, en crevant tous les petits abcès qui pourraient devenir de grosses tempêtes aux conséquences désastreuses. Cette chanson, comme vous venez de le constater, je la connais par coeur. C'est le genre de discours, relevant du poncif, que chacun de nous ressort pour conseiller un ami qui vient de se disputer avec sa campagne.

       Tout cela pour vous dire que je me suis disputé avec ma copine. Rassurez-vous, rien de grave. Non, ce n'est pas ce que vous croyez, ma copine n'est pas encore au courant de mes pulsions incontrôlées pour la jolie boulangère blonde. Jusque-là, je cache très bien mon jeu. Et je compte toujours sur votre discrétion, chers lecteurs ! Notre dispute n'est pas due non plus à un quelconque soutien de ma copine à la désormais presque sûre troisième candidature de Bouteflika.

           Je vois votre mine crispée. Vous vous dites certainement : « bordel de merde, qu'elle est la putain de raison de leur dispute ! » Ne vous énervez pas, je vais vous le dire. Patience. Ce qui s'est passé, c'est que en discutant avec ma copine, comme le font tous les couples, nous avions abordé la question des enfants. Et moi, comme un con, je lui ai dit, en y mettant toute ma conviction, que si notre premier enfant est un garçon, on l'appellera Abdelaziz.

      Après cette annonce faite sur un ton péremptoire, son visage s'est refermé, effaçant de fait le petit sourire complice qu'elle me renvoyait trente secondes auparavant, elle s'est murée dans un silence assourdissant. J'ai eu toutes les peines du monde à la faire parler. Quand elle a retrouvé sa langue, elle a poussé un cri de rage contre mon choix, selon elle, incongru de prénom. Son seul argument, c'est que ce n'est pas un prénom en vogue et que, de plus, ça fait vieux. Elle ne se voit pas du tout avec un bébé s'appelant Abdelaziz.

         Pour la convaincre de mon choix judicieux, j'ai sortie mon argument massue, l'argument qui mettra fin à ses hésitations et appréhensions. J'ai respiré un bon coup, j'ai fixé ses yeux et je me suis lancé : « tu sais, chérie, la plupart de nos dirigeants actuels ont comme prénom : Abdelaziz. Ne me dis surtout pas que c'est un hasard. Ce prénom est bénit des dieux. Tout enfant qui le recevra comme prénom aura un avenir radieux aux plus hautes sphères de l'Etat. Oui, ma chérie, j'ai envie que mon fils fasse une carrière politique. N'ayons pas peur des mots. Je veux qu'il devienne président. Et je mettrai toutes les chances de son côté, à commencer par le prénom Abdelaziz. »

         Avant même de finir mon discours fleuve, elle est partie, me laissant seul comme un pestiféré. C'est là que j'ai repensé à la jolie boulangère blonde ; elle au moins doit être plus réceptive à ma lubie de citoyen voulant faire de son chérubin, qui s'appellerait Abdelaziz, le futur président de la République. Je suis sûr que la jolie boulangère blonde trouvera mon idée géniale !


Mercredi 05 Mars 2008


 

Vous vous souvenez certainement de l’affaire du redressement spectaculaire du FLN. Cette cavalcade judiciaire, menée d’une main de maître par l’inusable Belkhadem, a défrayé la chronique politique en 2004. Une action unique, à ma connaissance, dans les mœurs politiques algériennes, où la justice a montré, une fois de plus, les limites de son indépendance. En effet, la machine judiciaire s’est rapidement emballée contre la direction du vieux parti en invalidant son 8ème congrès, ayant porté Ali Benflis à sa tête, donnant ainsi raison aux fameux groupe des redresseurs.

 

Après cet épisode peu glorieux, Belkhadem a pris les rennes du FLN, en organisant un 8ème congrès bis, et l'a offert sur un plateau d'argent à Abdelaziz I que ce dernier a utilisé comme rampe de lancement pour sa deuxième candidature. La suite, on la connaît tous.

 

Nous assistons, ces derniers jours, au même battage médiatique, au même discours, tenus par les mêmes personnes, à la même stratégie en somme, au profit cette fois-ci du troisième mandat pour Bouteflika. Ne dit-on pas que l'Histoire est un éternel recommencement !

 

La stratégie est la même, les meneurs sont les mêmes et les enjeux sont les mêmes. Il s'agit donc comme en 2004 d'un redressement ! Mais il y a quand même une petite différence par rapport à 2004. Aujourd'hui, il n'est plus question de redresser le FLN, puisqu'il est, paraît-il, sur les bons rails, mais du redressement, excusez du peu, de la loi fondamentale du pays. Décidément, rien n'arrête Abdelaziz II et ses acolytes. Ce qui me fait le plus peur, c'est l'inconnu, la surprise qu'ils nous réservent après le coup de scalpel sur la constitution. Y a t-il une limite après cela ω Peut-on encore se prévaloir de l'étiquette « République algérienne démocratique et populaire » ω Et tant d'autres questions qui resteront sans réponses.

 

Contrairement aux autres messages que vous avez lus, je ne vous parlerai pas de la jolie boulangère blonde. Non pas parce que je n'ai pas de nouvelles d'elle, mais simplement parce que certains blogueurs, une infime minorité, m'ont reproché le fait de mêler ma vie privé à la situation politique du pays. Je leur fais donc ce plaisir, mais ne vous inquiétez pas, ce n'est que partie remise. La jolie boulangère blonde est de retour !

 
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Présentation

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Pseudo: NekkiniCatégorie: SociétéDescription:
Plus d'un, comme moi sans doute, écrivent pour n'avoir plus de visage. Ne me demandez pas qui je suis et ne me dites pas de rester le même : c'est une morale d'état civil; elle régit nos papiers. Qu'elle nous laisse libre quand il s'agit d'écrire. Mich
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