Suite à la décision regrettable des administrateurs de la plateforme dzblog de nous faire migrer vers overblog, j’appelle tous les blogueurs qui s’opposent à ce déménagement forcé à bien vouloir signer une pétition pour protester symboliquement contre ce fait. Une pétition pour dire non à la dissolution de ce petit îlot, qui nous abrite, dans un grand océan où l’identité même de cette petite communauté est appelée à disparaître. Vous n’avez qu’à laisser le nom de votre blog et votre pseudo dans la partie commentaire. Je publierai ensuite les noms des signataires.
Liste des premiers signataires
Mamie
Amine
Chers compatriotes, il est temps pour nous de prendre nos responsabilités. Nous avons beaucoup attendu, beaucoup trop même. Il faut réagir au plus vite. Nous devons soulager les autorités compétentes. Car j’ai le regret de vous dire que nous leur causons trop de soucis. Trente millions de bouches à nourrir. Un peu plus, me direz-vous. Peu importe. Vous imaginez l’immense responsabilité que cela représente pour nos chers et tendres décideurs ω On devrait le ménager un peu. Ils sont vieux, fragiles, malades, ayant pour la plupart des maladies chroniques. Alors, chers concitoyens, faisons une bonne action en abrégeant leurs souffrances. Oui, offrons leur ce formidable cadeau.
Pour cela, j’ai pensé à des solutions radicales, qui m’ont été inspirées, honnêteté intellectuelle oblige, par mon ami kder. Comme première option, un peu classique -je vous le concède-, je vous suggère de nous jeter tous ensemble en Méditerranée, un peu comme les harragas, sauf que nous ne chercherons pas à atteindre l’autre rive mais plutôt le fond. Sinon, pour ceux qui n’aiment pas la mer ou qui trouvent cette idée pas très originale, il y a de vastes étendues désertiques en Algérie. Il suffit juste de se laisser mourir de soif en plein désert. Et pour être sûr de réussir son coup à la première tentative, en ayant davantage soif, il n’ y a rien de mieux que la lecture des éditos d’El Moudjahid !
Si vous avez d’autres propositions qui vous paraissent intéressantes et qui peuvent nous permettre de prendre congé de nos chers politicards de manière digne et originale, je vous prie de me les communiquer.
Je vous vois venir avec votre « oui, mais … ! ». Il n’y a pas de « oui, mais … ! ». L’heure n’est plus aux tergiversations ni aux doutes et encore moins aux questions stupides et sans grand intérêt. J’en appelle à votre générosité et à votre amour du prochain. Dites-vous que c’est pour une bonne cause. Après cela, vous ressentirez un bonheur et une plénitude immenses. D’ailleurs, les portes du paradis vous seront grandes ouvertes. Vous n’êtes toujours pas convaincus de l’utilité de cette action militante ω Pensez, s’il vous plaît, aux mines réjouies qu’auront nos dirigeants, à leurs comptes bancaires qui vont se garnir et aux discours élogieux auxquels nous aurons droit. De plus, ce sacrifice, à la portée universelle, ferait du bien à toute l’humanité, en contribuant à la baisse du prix des céréales sur le marché mondial.
Par contre, je vous demanderai juste de patienter un peu. Je sais que nous sommes dans l’urgence, mais, comprenez-moi, il faut que j’éclaircisse ma situation avec la jolie boulangère blonde et mettre de l’ordre dans mes affaires avant le grand saut.
Je n’étais pas là, hier. J’espère que personne n’a cherché à me joindre. De toute façon, mon téléphone était coupé. Rassurez-vous, vous n’y étiez pour rien. Je ne me suis absenté qu’une seule journée. Je n’étais pas très loin ; j’étais juste à côté. Je voulais me dégourdir les jambes. Non, je n’avais pas besoin de jogging ni de baskets. A vrai dire, il s’agissait d’une marche militante. En effet, pour le dimanche 20 avril, journée un peu spéciale, pour moi et pour beaucoup d’autres personnes, je me devais de perpétuer une tradition : la célébration du printemps berbère.
L’histoire est toute simple. Un jour d’avril 8O, des citoyens, comme vous et moi, sont sortis dans les rues pour demander leurs droits les plus élémentaires. Ils voulaient briser le mur du silence qui se dressait devant le peuple algérien depuis l’indépendance. Ils réclamaient une véritable ouverture politique, la reconnaissance d’une culture plurielle et millénaire, à laquelle les zombies du parti unique déniaient toute existence, et des lendemains meilleurs pour des citoyens longtemps ignorés et snobés. Leurs revendications, comme vous l’aurez constaté, sont celles de tous les algériens. Des revendications qui, malheureusement, sont toujours d’actualité. C’est dire qu’en vingt-huit ans, le pouvoir algérien n’a pas lâché du lest. Bien au contraire, des émeutes éclatent aux quatre coin du pays, des fonctionnaires sont bastonnés et méprisés parce qu’ils ont osé réclamer, en usant de leur droit de grève inscrit dans la constitution, des salaires décents à la mesure de leurs dévouement pour leur pays.
Non, chers amis, les jeunes d’avril 80, comme les fonctionnaires en grève et les émeutiers de Gdyel, ne sont pas manipulés par la main de l’étranger. Ils étaient animés _et le sont toujours_ par des intentions nobles. Il y avait dans leur rage saine et belle le souffle de la démocratie, de la république qui garantirait les droits de tous les citoyens. C’était aussi un cri d’espoir et une amorce pour une démocratie pérenne en Algérie.
Habitué à la gestion catastrophique des événements et des symboles et fidèle à la politique de l’autruche, le pouvoir algérien récidive, ces derniers jours, en consacrant le 20 avril journée nationale de l’Internet à haut débit !!!
Que dieu ait pitié de moi ! Je suis impardonnable. Il avait raison Abdelaziz II de douter de mon patriotisme. Je suis aveuglé par les vanités de ce monde. Je ne m’intéresse pas assez à ce qui se passe dans mon pays. Quelle piètre image je dois donner de la jeunesse algérienne ! Dans un de ses excellents billets mon ami kder parlait de l’immaturité politique. Je crois que je suis en plein dedans. La raison est toute simple.
Pendant que des pères et des mères de familles algériens, comme moi, se font bastonner, à quelques mètres du palais du gouvernement, moi, j’étais assis sur un banc, au soleil, en train de lire Le Maître de Pétersbourg de J.M. Coetzee. Pendant que des milliers d’algériens s’organisent pour demander quelques miettes à un gouvernement sourd, qui ne se soucie que de ses propres intérêts, moi, l’égoïste, je ne pensais qu’à mes problèmes existentiels. Pendant que des jeunes émeutiers, de la commune de Gdyel, sont arrêtés par les forces de l’ordre –mais quel ordre ω- parce qu’ils sont sortis crier leur omerta et leur mal-être, dans une Algérie qui leur tourne le dos depuis l’indépendance, moi, l’inconscient, le frivole, je ne pensais qu’à mes amourettes avec la jolie boulangère blonde.
Je pourrais citer plein d’autres exemples d’injustices et de mépris auxquels la majorité des algériens sont confrontés au quotidien. Comment peut-on oublier tout cela pour ne penser qu’à ses petites préoccupations nombrilistes de mortels ω Voyez-vous, amis blogueurs, aujourd’hui, je n’ai envie de rien. Je veux seulement m’indigner devant le chaos qu’entretiennent des personnes malintentionnées. Alors, au placard la jolie boulangère blonde, le chagrin d’amour, les d’histoires à l’eau de rose, les sentiments amoureux et surtout l’amour. En fait, non, pas l’amour car s’indigner c’est aussi une forme d’amour !
Et si être citoyen se mesurait à la capacité que l’on a à s’indigner des injustices qui secouent son pays ω
Je me suis toujours dit, à tort ou à raison, qu’il ne fallait surtout pas s’enflammer avant la rencontre d’une personne qui nous est chère. Pourtant, c’est exactement ce qui m’est arrivé, il y a quelques jours. En effet, j’étais impatient de la rencontrer, de la revoir déambuler dans son monde. J’attendais beaucoup de cette rencontre. J’étais comme un pubère s’extasiant à l’idée de mater une paire de sein. Le résultat de tout cela, c’est que je suis tombé bien bas. Vais-je m’en remettre un jour ω
Pour noyer mon chagrin, il me fallait quelque chose de fort. J’avais besoin de me soûler la gueule pour oublier le revers de la matinée. Etant donné que je ne suis pas un poète pour mettre en vers ma souffrance, j’ai choisi une toute autre méthode, bien plus efficace que la poésie. Ne dit-on pas d’ailleurs que le mal ne se guérit que par le mal ! Ame sensible s’abstenir. S’il vous plaît, ce qui va suivre est d’une extrême violence alors ayez le réflexe d’éloigner les enfants.
En ces jours de grève, lancée par la coordination nationale des syndicats autonomes de la fonction publique, je décide, la mort dans l’âme, de m’auto flageller en m’arrêtant quelques minutes sur les informations de l’Unique. J’ai pris la précaution de bien m’installer et de couper le son. Avec l’Unique, on ne peut pas supporter le son et l’image. C’est trop, beaucoup trop, surtout pour une personne, comme moi, fragilisée par des amours pas très faciles. De plus, Je ne voudrais pas non plus aggraver mon cas. Vous imaginez les séquelles psychologiques que peuvent entraîner les commentaires mielleux de Karim Boussalem ou de son patron HHC ω Le pire, c’est qu’ils y croient !
Il fallait donc que j’exorcise la douleur qui gît en moi, et l’ENTV me paraissait comme la thérapie idéale. Installé confortablement dans mon fauteuil, je réalise, à travers les images de l’ENTV, l’importance des chantiers initiés, paraît-il, par notre cher président. Les journalistes de la plus grande machine à propagande ont tout passé en revue du simple échangeur au projet pharamineux de l’autoroute est-ouest, faites par des chinois, en passant par le barrage de Béni-Harroun. Je soupçonne d’ailleurs les responsables de l’Unique d’avoir préparé ces images rien que pour me convaincre de la nécessité d’un troisième mandat. Mais comment ont-ils su que j’allais regarder l’ENTV ω A moins qu’ils aient tout orchestré de A à Z, c'est-à-dire de mon rendez-vous manqué avec la jolie boulangère blonde à ma résignation à m’affaler devant mon poste de télé branché sur la place des Martyrs ! Avant, je n’avais que des soupçons. Maintenant tout s’éclaircit. Je suis effectivement la proie d’une surveillance accrue ! Pourtant, je ne suis pas un leader politique. C’est même flatteur, d’une certaine manière, de se sentir dans le collimateur des services du renseignement.
Il faut que je m’arrête car je commence à délirer. Mon cas s’est aggravé. Tant mieux ! C’est ce que je recherchais. Le fond n’est plus très loin. Heureusement que l’ENTV était là. Elle sert au moins à cela !
Bienvenue