La biche est maintenant morte. Pourquoi ω Pour quelques malheureux billets, sans doute. Quoi de plus facile que de tuer un animal sans défense. Nous sommes [les humains] des êtres d’une extrême sensibilité. A vrai dire, nous ne sommes que ça ! Mais alors, pourquoi la biche est morte ω Pour faire plaisir à l’homme !
Les tractations pour un troisième mandat pour Bouteflika vont bon train. Même si rien ne filtre sur la stratégie arrêtée par les chantres de la présidence à vie, l’on peut d’ores et déjà craindre le pire. Le silence et le mystère qui entourent ces manœuvres politiciennes, nous laissant pontois, n’augure rien de bon pour le peuple algérien. Que Bouteflika veuille briguer un troisième mandat, après avoir révisé la constitution, n’est un secret pour personne. La seule inconnue, dans ce jeu de cache-cache que nous imposent Abdelaziz II et compagnie, c’est le calendrier. En effet, si la date de l’élection présidentielle est connue depuis longtemps, ce n’est pas le cas du référendum sur la révision de la loi fondamentale du pays –si référendum il y a bien entendu !
A moins d’une année de l’élection présidentielle, prévue pour avril 2009, le temps presse. Il ne reste au tenant de la pensée unique, pour aller plus vite dans leur sale besogne, que deux solutions. Soit, ils abandonnent la voie référendaire pour un passage en force via le parlement, en sollicitant l’approbation des béni-oui-oui que sont la majorité des députés. Soit, ils nous proposeront une solution à l’algérienne, en combinant élection présidentielle et référendum pour la révision de la constitution. Personnellement, j’ai peur que ce dernier scénario ait les faveurs des décideurs. Je ne plaisante pas. Ce 2 en 1 a l’avantage d’éliminer de fait les autres candidats potentiels et ne coûtera pas cher à l’Etat. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ω Principe de parcimonie oblige !
Ce shampoing politique peut vous paraître comme un scénario peu probable, une fiction de mauvais goût. Pourtant, sans vouloir porter atteinte à votre moral déjà malmené par les tracas du quotidien, j’ai le devoir de vous mettre en garde. Car, si il y a bien un domaine où « impossible n’est pas algérien », c’est bien la politique. Ainsi, quand il s’agit de se maintenir au pouvoir et d’étouffer les voix discordantes, nos dirigeants ont toujours su être inventifs. A suivre !
Tous les matins, en me réveillant, je me réjouie d’avance de toutes les belles choses que j’accomplirai tout au long de la journée. Le réveil peut être difficile, surtout après une nuit agitée, mais cela n’entame en rien mon envie de profiter de ma journée. Qu’il fasse beau, qu’il vente ou qu’il neige, je me délecte toujours à l’idée d’être l’artisan ou l’acteur d’une vie que je veux trépidante. En me regardant dans le miroir, il m’arrive même de me trouver beau ; a la lecture du journal, j’arrive parfois à comprendre tout ce qui se raconte. D’ailleurs, il m’arrive souvent de finir un article. Ce qui n’est pas rien. Bel exploit pour l’homme médiocre que je suis. C’est petites satisfactions de la matinée entretiennent chez moi l’illusion d’être un tantinet intelligent. Mon amour propre s’en trouve renforcé. C’est déjà ça.
Les heures défilent. Ma bonne humeur matinale s’étiole peu à peu. Je sombre de plus en plus dans la spirale infernale du doute. Le seuil, c’est midi. A partir de midi, tout me paraît fade. Je n’arrive plus à me poser, à me concentrer. Je commence alors à tourner en rond, à hésiter et à trainer le pas. Je sens que la journée m’échappe. Je ne suis plus maître de mes décisions. L’apathie me tenaille et l’angoisse gagne mon optimisme béat de la matinée. Le peu d’intelligence dont je me gargarisais, quelques heures plus tôt, s’est estompé pour ne laisser place qu’à la connerie et la bêtise. Oui, je n’ai pas peur de le dire, je me sens con, médiocre, pathétique et insupportable.
Ceci dit, cet état d’esprit ne me déplaît pas tant que ça. Je me trouve plus intéressant en version con. Je suis même plus heureux. Un des avantages que nous procure le sentiment d’être con, n’en déplaise à ceux qui pensent le contraire, c’est la quiétude et la sérénité que nous ressentons. Il faut dire que la pensée nous fuit. Par conséquent, toutes les questions existentielles qui nous ressassons à longueur de journée passent à la trappe. Ils n’y a plus de soucis. Tout va bien dans le meilleur des mondes. D’ailleurs, les après midi, j’ai tendance à être pour le troisième mandat, la révision de la constitution, la construction de la grande mosquée d’Alger, l’adhésion de l’Algérie à l’OMC, la privatisation de Sonatrach, le maintien de Belkhadem à la tête du gouvernement, etc. Voyez-vous, la tranquillité de l’esprit tient à la simplicité d’esprit !
La nuit, avant de m’en dormir, dans mon état de con et d’ignorant, je rêve éveillé du jour où la jolie boulangère blonde sera à moi. Je dors ainsi avec la satisfaction d’avoir vécu une journée pleine et heureuse avec l’espoir de me réveiller le lendemain plus intelligent que la veille. En étant con, on ne peut que s’améliorer.
Bienvenue