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Mercredi 28 Mai 2008

La biche est maintenant morte. Pourquoi ω Pour quelques malheureux billets, sans doute. Quoi de plus facile que de tuer un animal sans défense. Nous sommes [les humains] des êtres d’une extrême sensibilité. A vrai dire, nous ne sommes que ça ! Mais alors, pourquoi la biche est morte ω Pour faire plaisir à l’homme !

Mardi 27 Mai 2008
Dans mon dernier billet, qui ne date pas d'hier, je vous faisais part de mes tentatives de réconciliations avec ma chère et tendre copine. Je vous ai raconté comment j'ai entrepris de reconquérir son cœur en commençant par lui offrir des fleurs. Les jours qui ont suivi, j'ai maintenu le cap en lui chuchotant tous les matins des « je t'aime ». Pour une fois, j’ai ressorti tous les poncifs sur l’amour,  du genre «  love can move montains ! »  De plus, la visite de la semaine dernière chez sa copine, la jeune maman, nous a rapproché un peu plus.
Pour mieux la surprendre, je me suis même mis à la poésie, non pas en écrivant des poèmes, mais en lui déclamant les plus beaux poèmes d'amour. Tout y passe : Baudelaire, Verlaine, Rimbaud, Hugo, Aragon, Apollinaire, etc. Je lui ai même récité du Dje2loul ! Mais celui qu'elle préfère, l'auteur qui l'émeut le plus, c'est sans conteste, le poète surréaliste, Paul Eluard. En effet, le chantre de la liberté, de l'amour et de l’exaltation du sentiment amoureux parvient facilement à lui arracher des larmes de bonheur. En voici deux extraits de ces poèmes préférés :
 
Je t’aime
 
Je t’aime pour toutes les femmes du monde que je n’ai pas connues
Je t’aime pour tout le temps où je n’ai pas vécu
Pour l’odeur du grand large et l’odeur du pain chaud
Pour la neige qui fond pour les premières fleurs
Pour les animaux purs que l’homme n’effraie pas
Je t’aime pour aimer
Je t’aime pour toutes les femmes que je n’aime pas
 
Paul Eluard, « Je t’aime », Derniers poèmes d’amour,
Ed. Seghers, 1963.
La courbe de tes yeux
 
La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu
C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.
 
Paul Eluard, « La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur »,
Capitale de la douleur (1926), Ed. Gallimard
Dimanche 25 Mai 2008
Il n’est un secret pour personne que nos grands centres urbains, que nous appelons communément des villes, sont loin d’être des havres de paix, offrant toutes les commodités à leurs habitants.
            Cela étant dit, je ne vous parlerai pas de nos grands bourgs où s’amassent des constructions et des aménagements qui échappent à toute réglementation. Le sujet est crucial certes, mais je n’aborderai, dans ces quelques lignes, que d’un épiphénomène qui nous renseignera cependant sur le délabrement de nos « villes ».
            Je voudrais mettre un coup de projecteur, en faisant appel à votre perspicacité et clairvoyance, sur les fameuses bandes rouges et blanches qui ornent nos trottoirs. En effet, dans toutes les villes du pays, nous retrouvons ces bandes moches, qui, à ma connaissance, ne répondent à aucune exigence usuelle ni esthétique. Ainsi, Sur tous les trottoirs de toutes les bourgades du pays alternent le rouge et le blanc. Aucun coin du pays n’y échappe, pas même les quartiers huppées de la capitale. C’est presque une marque de fabrique nationale. Quelle signification peut-on donner à cette spécificité algérienne ? Mystère ! 
            Ce qui est bizarre, c’est que, contrairement à la saleté qui règne dans toutes les rues algériennes sans que l’on prenne des initiatives pour y remédier, ces fameuses bandes rouges et blanches sont souvent entretenues. En effet, au moindre déplacement ministériel, les agents municipaux ressortent leurs bidons de peinture rouge et blanche. C’est devenu d’ailleurs un rituel institutionnalisé avant chaque visite d’un haut cadre de l’Etat. Dès que vous voyez des personnes au chevet de nos trottoirs, vous pouvez en déduire qu’un « chef » viendra saluer les petites gens et flatter l’égo des responsables locaux. Il ne faut surtout pas décevoir le chef. La ville doit paraître propre, sentir la peinture fraîche achetée avec la paye des agents municipaux.
            Bref, si vous avez des informations pertinentes ou pas sur ce mystère, je vous prie de bien vouloir les partager avec moi.    
Jeudi 22 Mai 2008

            Les tractations pour un troisième mandat pour Bouteflika vont bon train. Même si rien ne filtre sur la stratégie arrêtée par les chantres de la présidence à vie, l’on peut d’ores et déjà craindre le pire. Le silence et le mystère qui entourent ces manœuvres politiciennes, nous laissant pontois,  n’augure rien de bon pour le peuple algérien. Que Bouteflika veuille briguer un troisième mandat, après avoir révisé la constitution, n’est un secret pour personne. La seule inconnue, dans ce jeu de cache-cache que nous imposent Abdelaziz II et compagnie, c’est le calendrier. En effet, si la date de l’élection présidentielle est connue depuis longtemps, ce n’est pas le cas du référendum sur la révision de la loi fondamentale du pays –si référendum il y a bien entendu !

            A moins d’une année de l’élection présidentielle, prévue pour avril 2009, le temps presse. Il ne reste au tenant de la pensée unique, pour aller plus vite dans leur sale besogne, que deux solutions. Soit, ils abandonnent la voie référendaire pour un passage en force via le parlement, en sollicitant l’approbation des béni-oui-oui que sont la majorité des députés. Soit, ils nous proposeront une solution à l’algérienne, en combinant élection présidentielle et référendum pour la révision de la constitution. Personnellement, j’ai peur que ce dernier scénario ait les faveurs des décideurs. Je ne plaisante pas. Ce 2 en 1 a l’avantage d’éliminer de fait les autres candidats potentiels et ne coûtera pas cher à l’Etat. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ω Principe de parcimonie oblige !

            Ce shampoing politique peut vous paraître comme un scénario peu probable, une fiction de mauvais goût. Pourtant, sans vouloir porter atteinte à votre moral déjà malmené par les tracas du quotidien, j’ai le devoir de vous mettre en garde. Car, si il y a bien un domaine où « impossible n’est pas algérien », c’est bien la politique. Ainsi,  quand il s’agit de se maintenir au pouvoir et d’étouffer les voix discordantes, nos dirigeants ont toujours su être inventifs.  A suivre !   

Mercredi 21 Mai 2008

            Tous les matins, en me réveillant, je me réjouie d’avance de toutes les belles choses que j’accomplirai tout au long de la journée. Le réveil peut être difficile, surtout après une nuit agitée, mais cela n’entame en rien mon envie de profiter de ma journée. Qu’il fasse beau, qu’il vente ou qu’il neige, je me délecte toujours à l’idée d’être l’artisan ou l’acteur d’une vie que je veux trépidante. En me regardant dans le miroir, il m’arrive même de me trouver beau ; a la lecture du journal, j’arrive parfois à comprendre tout ce qui se raconte. D’ailleurs, il m’arrive souvent de finir un article. Ce qui n’est pas rien. Bel exploit  pour l’homme médiocre que je suis. C’est petites satisfactions de la matinée entretiennent chez moi l’illusion d’être un tantinet intelligent. Mon amour propre s’en trouve renforcé. C’est déjà ça.

            Les heures défilent. Ma bonne humeur matinale s’étiole peu à peu. Je sombre de plus en plus dans la spirale infernale du doute. Le seuil, c’est midi. A partir de midi, tout me paraît fade. Je n’arrive plus à me poser, à me concentrer. Je commence alors à tourner en rond, à hésiter et à trainer le pas. Je sens que la journée m’échappe. Je ne suis plus maître de mes décisions. L’apathie me tenaille et l’angoisse gagne mon optimisme béat de la matinée. Le peu d’intelligence dont je me gargarisais, quelques heures plus tôt, s’est estompé pour ne laisser place qu’à la connerie et la bêtise. Oui, je n’ai pas peur de le dire, je me sens con, médiocre, pathétique et insupportable.

            Ceci dit, cet état d’esprit ne me déplaît pas tant que ça. Je me trouve plus intéressant en version con. Je suis même plus heureux.  Un des avantages que nous procure le sentiment d’être con, n’en déplaise à ceux qui pensent le contraire, c’est la quiétude et la sérénité que nous ressentons. Il faut dire que la pensée nous fuit. Par conséquent, toutes les questions existentielles qui nous ressassons à longueur de journée passent à la trappe. Ils n’y a plus de soucis. Tout va bien dans le meilleur des mondes. D’ailleurs, les après midi, j’ai tendance à être pour le troisième mandat, la révision de la constitution, la construction de la grande mosquée d’Alger, l’adhésion de l’Algérie à l’OMC, la privatisation de Sonatrach, le maintien de Belkhadem à la tête du gouvernement, etc. Voyez-vous, la tranquillité de l’esprit tient à la simplicité d’esprit !

            La nuit, avant de m’en dormir, dans mon état de con et d’ignorant, je rêve éveillé du jour où la jolie boulangère blonde sera à moi. Je dors ainsi avec la satisfaction d’avoir vécu une journée pleine et heureuse avec l’espoir de me réveiller le lendemain plus intelligent que la veille. En étant con, on ne peut que s’améliorer.           

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Présentation

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Pseudo: NekkiniCatégorie: SociétéDescription:
Plus d'un, comme moi sans doute, écrivent pour n'avoir plus de visage. Ne me demandez pas qui je suis et ne me dites pas de rester le même : c'est une morale d'état civil; elle régit nos papiers. Qu'elle nous laisse libre quand il s'agit d'écrire. Mich
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