Il est temps pour moi de m’y mettre, moi aussi. Oui, pourquoi pas moi ; ça n’arrive pas qu’aux autres. Moi aussi, je veux ma part du gâteau. Je vous le dis sans ambages, je suis intéressé par la députation. Et pour cela, j’ai deux petits trucs pour y parvenir. Je vous explique. En effet, après les derniers résultats des élections législatives caractérisées par, outre l’abstention record, la percée des petits partis, le premier stratagème qui me vient à l’esprit est la création d’un petit parti. Et ne me demandez surtout pas mon programme, parce que je n’en ai pas. Je pense que ce n’est pas nécessaire ; ce n’est pas un facteur déterminant dans le choix des électeurs au moment de mettre le bulletin dans l’urne. Sans oublier le fait que tous les programmes sont presque les mêmes, en tout cas c’est ce que pensent les électeurs. C’est décidé, je ne m’encombrerai pas d’un programme qui ressemblera aux autres et qui, de plus, ne sera jamais mis en application. C’est inutile. Pour preuve, tous ces petits partis qui ont intégré la composante de l’assemblée nationale ne se sont jamais cassés le cul, à ma connaissance, à présenter un programme électoral cohérent. Ils se sont juste contentés d’avoir l’agrément auprès des autorités compétentes puis persuader des personnes qui ont une aura locale à se présenter sous l’étiquette de leur parti. C’est fastoche, non ? Vous voyez bien que rien n’est plus facile, dans notre pays j’entends, que de devenir élu du peuple ! Il suffit d’un peu de pragmatisme et de beaucoup de ruse, le tout assaisonné avec un brin de perversité. Malheureusement pour moi, je n’ai pas encore toutes ces qualités. Ce n’est pas grave. Et ce n’est certainement pas rédhibitoire. Je me dis qu’on ne naît pas député, mais on le devient. (Je ne suis pas du tout fier de ma dernière phrase qui relève, comme vous le constatez, des clichés les plus fréquents. Je m’en excuse). En somme, je m’apprête à changer de vie, à passer de l’autre côté de la barrière dressée entre le peuple et ceux qui régentent les affaires de l’Etat. Je ne sais si je peux y arriver tant la chose est difficile. D’ailleurs, on y réfléchissant bien, je ne suis plus sûre de vouloir cela. Je me rends à l’évidence, si je deviens député, je ne serais plus moi. Et ça, je ne l’accepterai pas !
Cela fait longtemps que vous nous bassinez avec vos discours désuets, reliquats d'une époque que nous croyions révolue. Basta. Nous ne pouvons plus supporter les formules et les slogans dignes d'une république bananière.
Assez ! Voyez-vous, chers décideurs, maintenant que nous avons perdu toute illusion de changement, nous ne vous demandons pas grand chose. Car, avec vous, hélas, l'espoir n'est plus de mise. Vu votre gouvernance, il faut prendre cette dernière remarque pour un compliment ! Sans toutefois aucune volonté de nous immiscer dans vos affaires, qui sont malgré tout un peu les nôtre, et que, selon vos déclarations, vous gérez bien, nous voulons simplement vous suggérer une piste de réflexion pour améliorer votre discours.
En effet, nous trouvons que vos répliques fétiches sont un peu vieillottes ; la syntaxe de vos phrases devient de plus en plus lourde. Ainsi, il nous arrive même, parfois, par je ne sais quel miracle, de deviner le contenu de vos discours ! C'est ce que nous n'acceptons plus. S'il vous plaît, épargnez-nous cette souffrance. Il faut nous surprendre. Effectivement, nous aspirons juste à un discours neuf, des slogans à la pointe de la communication politique. C'est tout ! C'est presque rien, non ? Et, soyez-en sûres, nous ne vous prendrons jamais au mot ; nous ne vous jugerons pas non plus sur les résultats qui seront, sans grande surprise, catastrophiques, ni sur vos idées saugrenues.
De plus, si par mégarde vous commettiez des petites bourdes par-ci et par-là, chose qui ne nous étonnera pas d'ailleurs, nous ne chipoterons pas là-dessus, nous ne vous tiendrons pas rigueur. Vous avez notre parole de peuple à bout de souffle. Que cette attitude de notre part ne vous fasse pas peur. Ce n'est pas notre intention. Si nous vous demandons d'opérer un lifting sur votre discours, c'est tout bêtement parce que nous avons changé. Il vous suffit donc de suivre le mouvement et de nous permettre, par la même occasion, d'être en phase avec nous-même. Alors, osez le changement ! Il est à portée de main. Pour une fois que nous ne vous demandons pas monts et merveilles, de grâce, vous ne pouvez pas nous refuser ce petit plaisir qui ne vous coûtera pas un rond. Soyez compréhensifs ! Promis, après cela, nous ne vous charrierons plus quand vous prendrez vos airs d’hommes suffisants au-dessus de tout soupçon.
Désormais, dans nos luttes quotidiennes contre votre entêtement, qui fait presque votre marque de fabrique, nous réitérerons, à chaque fois que l’occasion nous sera donnée, notre attachement à cette revendication légitime et nous vous prions d’y prêter, si possible, une attention particulière. Prenez le temps de la réflexion. Croyez-nous, ça vaut vraiment la peine. En tout cas, ça ne vous fera pas de mal. Sachant que votre temps est précieux et que les affaires de l’Etat n’attendent pas, il est temps pour nous de prendre congé de vous. Au revoir ! Mais que ferions-nous sans eux ?
Malgré mon optimisme béat, je suis tenté de répondre par la négative. Et je crois que ce sentiment est largement partagé par l'ensemble des algériens. Ce qui se passe actuellement n'est guère réjouissant. En effet, le pouvoir algérien n'arrive même pas à redonner une autre dynamique au politique. D'ailleurs, au moment où tout les analystes s'attendaient à un lifting gouvernemental susceptible d'entretenir, ne serait-ce que pour un moment, l'espoir du changement, longtemps attendu, et reconquérir, par la même occasion, la confiance des citoyens, les décideurs algériens préfèrent faire la sourde oreille à cette omerta exprimée par le rejet des urnes, en reconduisant, en gros, la même équipe gouvernementale.
Une des premières conclusions, et non des moindres, que nous pouvons d'ores et déjà, relever, après que les algériens ont fait faux bond aux autorités algériennes en rejetant massivement les urnes, est la crise de confiance qui s'est installée, et qui s'éternise, entre gouvernants et gouvernés et ce depuis l'indépendance.
Depuis l'ouverture démocratique amorcée en 1988, l'état algérien a pris l'habitude de légitimer sa propre existence par les urnes. Ainsi, à chaque fois que le pouvoir était mal en point, il a su se régénérer au travers des élections, au détriment, malheureusement, du processus démocratique que tous les algériens appellent de leurs voeux. C'est désormais une réalité, aux yeux des algériens, les élections sont donc devenues, par la force des choses, des machines infernales fourvoyeuses de légitimité à un pouvoir qui n'a, visiblement, qu'un seul souci, celui de veiller à sa propre pérennité tout en entretenant une démocratie de façade faite de slogans et de discours oiseux !
Je sais que tout cela est déprimant. Mais il est de notre devoir de faire, d'abord, les constats qui s'imposent, aussi amers soient-ils, pour pouvoir, ensuite, réfléchir aux moyens les plus à même de nous mettre sur les rails d'un état démocratique, soucieux du bien-être et de l'épanouissement de ses citoyens ! C'est donc notre responsabilité à tous. A nous de l'assumer pleinement !
Je dois dire que je suis content de reprendre du service, même si personne ne m'a licencié ! Je suis donc là, devant vous, prêt à m'engouffrer et m'y perdre au milieu de tous ces écrits qui viennent de partout et qui cependant racontent tous la même chose, la condition de l'homme du XXIème siècle.
Après un tour d'horizon sur la planète dzblog, je constate quand même une certaine régularité de certains blogueurs, chose qui m'a, d'une certaine manière rassuré et encouragé à revenir. J'espère que cette fois-ci je consacrerai plus de temps à cet espace qui ne demande qu'à être exploité. En effet, les espaces d'expression se réduisent de plus en plus au fur et à mesure que les pouvoirs (politique, économique, médiatique, ...) se concentrent entre les mains d'une caste de décideurs. Notre rôle à nous, internautes, est de faire en sorte que les langues se délient pour qu'enfin le citoyen algérien retrouve la parole confisquée, ainsi il pourra s'exprimer à souhait sur toutes les questions qui le préoccupent en rongent son quotidien. Aux plumes, citoyens !
Bienvenue