Et dire qu’il a fallu d’un film, Bienvenue chez les Ch’tis, pour réconcilier sinon rapprocher la France du nord avec celle du sud. La comédie de Dany Boon, qui est en passe de battre tous les records d’audience dans les salles en France, se joue des préjugés et autres idées reçues sur les gens du nord pour faire un film attachant, drôle et conciliant.
Cette comédie légère raconte l’histoire d’un cadre de la Poste muté, pour le sanctionner de s’être fait passer pour un handicapé afin d’obtenir une promotion, dans le Nord-Pas-de-Calais. Au fur et à mesure que les jours passent, il découvre des personnes attachantes, chaleureuses, prêtes à partager le peu de choses qu’elles ont. Mr Abrams, interprété magnifiquement bien par Kad Merad, finit par aimer le nord et l’ambiance de la région.
Et si nous faisions la même chose en Algérie. C'est-à-dire un film qui raconterait l’histoire d’un arabophone forcé de vivre, pour un certain temps, en Kabylie ; où l’inverse, c'est-à-dire un kabyle qui se retrouverait dans une autre région d’Algérie : les Aurès, la région oranaise, la région du Sahara, … On déclinera le concept à toutes les sauces histoires de donner un coup de projecteur aux différences qui existent entre les régions du pays, en mettant à mal toutes les inepties colportées par-ci et par-là sur les uns et les autres.
Il est évident que ce genre d’initiatives n’est pas la panacée pour tous les maux dont souffre notre pays. Mais tout au moins, les algériens apprendront à se regarder autrement, à avoir de l’indulgence envers leurs compatriotes qui ne partagent pas forcément les mêmes us et coutumes qu’eux. Ainsi, le sentiment d’appartenir à une seule nation s’en trouvera renforcé et consolidé. Cette initiative permettrait par la même occasion de mettre les différences au centre d’une dynamique de progression, qui nous permettrait de relever le défi de la modernité. Car, contrairement à toutes les manipulations officielles, la diversité dont regorge notre pays est une richesse, un formidable tremplin pour l’épanouissement de nos concitoyens. De toute façon, quoique l’on fasse et quoique l’on dise, nous sommes condamnés à vivre ensemble.
Il faut certainement plus qu’un film pour resserrer le sentiment d’appartenance à une seule nation. Le véritable débat se situe avant tout au sommet de l’Etat. En effet, ce ne sont pas de simples mesures de financement de quelques projets culturels qui inverseraient la tendance. Nous sommes en attente d’un projet de société qui donnerait la pleine mesure à l’identité plurielle de l’Algérie. Tout ceci passera par la construction d’un véritable d’Etat de droit qui garantirait à tout un chacun le droit de vivre dignement dans son pays, en pratiquant la langue de ses ancêtres et vivre pleinement la culture qu’il a en héritage. Tout ceci bien évidemment dans le respect de l’autre, de ses traditions et croyances.
Je ne sais pas si tout ceci prendra forme, dans les prochaines années, en Algérie. Mais, en tout cas, j’aime à le croire. Pas vous ω
publié par Nekkini dans: fragments
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