Lundi 08 Septembre 2008
Je suis en train de regarder C dans l’air sur France 5. Il est question des élections présidentielles aux Etats-Unis d’Amérique. Les spécialistes conviés étalent leurs savoirs et leurs analyses respectifs des tenants et des aboutissants de ce scrutin qui sera certainement suivi dans le monde entier, en novembre prochain. Rassurez-vous, je ne vais pas me livrer à la dissection de la situation politique aux Etats-Unis. De toute façon, même si je le voulais, je ne pourrais pas le faire pour la simple et bonne raison que je ne suis pas une autorité en la matière.
 
Je me demandais juste, moi le citoyen algérien lambda, si nos dirigeants politiques jetaient parfois un coup d’œil, ne serait-ce que par curiosité, sur ce qui se passe dans certains pays aux traditions démocratiques bien assises ? Parce que  nous avons beaucoup de choses à apprendre d’eux, à commencer par l’alternance, la vraie ! Parce que c’est bien de se gausser de voir sur tous les entêtes des papiers officiels que nous sommes une république démocratique, mais la réalité est toute autre.  Et puis merde … Pour tout vous dire, j’ai envie de vous parler d’autre chose. Les questions liées à la démocratie en Algérie peuvent bien attendre un peu. De toute manière, nous avons l’habitude d’attendre, alors quelques heures ou quelques jours de plus, ça ne nous ferait pas plus de mal que d’habitude. Pour paraphraser Ait Menguellet, je dirai que nous sommes restés tellement longtemps dans l’expectative que l’attente est devenue consubstantielle à notre être. C’est le prolongement de notre espoir pathétique en des lendemains meilleurs.
 
Dorénavant, je ne mangerai plus de pain. Plus question pour moi de dépenser mon argent dans cet aliment essentiel à notre santé − ne me demandez surtout pas quelle est la composition chimique du pain parce que je ne saurai pas quoi vous répondre −. A chaque fois que je passerai devant une boulangerie, je détournerai la tête et ferai semblant de longer le siège du vieux parti ! Oui, elle s’est barrée sans laisser aucun signe de vie, la jolie boulangère blonde.
 
Je ne remettrai plus jamais les pieds dans aucune boulangerie ou boutique de ce genre bien que ce soit des lieux de gourmandise et parfois même de rencontre. Que les boulangers et les boulangères se rassurent, je n’ai rien contre leur profession. Bien au contraire, je les porte en estime. Grâce à une de leurs collègues, en l’occurrence la jolie boulangère blonde, j’ai goûté aux joies de l’amour à sens unique.   
 
Si vous voulez tout savoir, je ne lui en veux pas. Ce n’est pas sa faute. Combien même ce serait la sienne, je ne pourrais pas lui reprocher d’être indifférente à mon charme − si j’en ai bien sûr ! Ce chagrin qui me tenaille est un classique dans la vie amoureuse d’un homme. Je n’échappe en rien à ma condition d’homme. Je suis désespérément banal. Tant mieux !
 
Mais je dois vous avouer qu’il y a une question, et pas des moindres, qui me taraude. En effet, j’ai peur que mes égarements amoureux aient souffert de mes prises de positions politiques. En d’autres termes, je soupçonne les autorités compétentes d’être derrière la fuite de la jolie boulangère blonde. Connaissant l’efficacité de leurs méthodes, je suis presque certain qu’ils soient les instigateurs de ce complot qui prend en otage mon cœur et surtout la jolie boulangère blonde. La pauvre, elle doit être terrorisée. Elle ne mérite vraiment pas ça. Je l’imagine déjà tapie dans le noir du sous-sol où elle se cache. Ça ne doit pas être facile pour elle de vivre dans le noir avec la peur au ventre. Tout ça à cause de moi ! S’il vous plaît, laissez-là tranquille.
 
Je suis prêt à tout pour que vous la laissiez vivre en paix. Et je vous promets que je n’essaierai pas de la revoir. L’essentiel pour moi est de savoir qu’elle est heureuse et en paix même avec un autre et même si il est militant de l’ex parti unique. Pour vous convaincre de ma bonne foi, je déclare solennellement soutenir le président pour un quatrième mandat. Bien plus, je pense même prendre ma carte de militant et de faire l’apologie de toutes les politiques du gouvernement. Pour sa quiétude et son bonheur, je ferai l’impasse sur les titres de la presse nationale qui osent encore porter sur leurs colonnes les rares voix discordantes à la politique du gouvernement. Place à El moudjahid et l’Unique. Et la réconciliation nationale ? Je chanterai ses louanges dans tous les marchés hebdomadaires de la région. 
 
Après cela, je ne serai que le fantôme de moi-même. Je ressemblerai sans doute à un cadavre. Le pire, c’est que je deviendrai un sbire, un homme de main au service de quelques charognards. Triste fin pour un homme qui croyait toucher le ciel en croisant le regard de la jolie boulangère blonde un matin où il est allé acheter du pain. Heureusement, il y a encore ASIREM à mes côtés ! J’attends.
 

Présentation

fragments

Pseudo: NekkiniCatégorie: SociétéDescription:
Plus d'un, comme moi sans doute, écrivent pour n'avoir plus de visage. Ne me demandez pas qui je suis et ne me dites pas de rester le même : c'est une morale d'état civil; elle régit nos papiers. Qu'elle nous laisse libre quand il s'agit d'écrire. Mich
Recommander ce blog

Recommander

Catégories

Recherche

Portail de l'emploi 100% gratuit

Créer un blog sur dzblog.com - Contact - C.G.U. - Reporter un abus