Jeudi 11 Septembre 2008
C’est en grandes pompes que le plus grand accélérateur de particules du monde a été mis en service, par la communauté scientifique, à Genève. Cette nouvelle installation permettra de recréer, à une petite échelle, des conditions à peu près similaires à celles qui ont prévalu dans l’univers durant quelques millièmes de secondes après le bigbang. Ceci permettra donc aux scientifiques d’observer les particules fondamentales de la matière qui sont, jusque-là, que des objets théoriques ; et vérifier un certain nombre d’hypothèses et de théories sur la matière. Encore un grand pas pour la science.
 
Une fois cette nouvelle digérée et après quelques secondes d’euphorie et de fierté d’appartenir à cette grande famille que l’on appelle l’Humanité, une pensée me glace l’esprit. Je me rends compte que ce succès, aussi grand soit-il, accroit davantage le fossé entre le nord et le sud. Plus les années passent, plus le sud s’enfonce dans la misère et le dénuement. Le monde est vraiment sourd.
 
Détrompez-vous, je ne suis pas en train de jeter l’anathème sur la science et toutes les découvertes qui facilitent la vie des hommes au quotidien. La question que je me pose est simple et évidente. C’est une préoccupation qui nous interpelle tous les jours. Pourquoi une infime part de l’Humanité profite du progrès scientifique alors que l’autre se débat pour survivre ? Oui, un accélérateur de particules, c’est très bien. Mais ce serait formidable si les enfants africains ne meurent plus de faim ni de maladie.
 
J’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer et cela ne m’enchante guère. Nous sommes des particules à l’intérieur d’un gigantesque accélérateur de misère : l’Afrique. Cette machine infernale, fabriquée par les puissances coloniales et entretenue par des dirigeants à la solde de centres occultes, est sans pitié. Elle prend tout sur son passage. Elle n’épargne personne ou presque. Que voulez-vous, il y a toujours des malins qui tirent leur épingle du jeu. Nous sommes donc prisonniers dans des pays où le citoyen n’est en réalité qu’un sujet, quand il n’est pas esclave. Aucun mal ne nous a raté. Il faut croire que nous sommes nés pour souffrir avant de mourir de faim ou déchiqueté par une bombe, le tout dans l’indifférence générale.
 
Le temps passe et nous n’arrivons toujours pas à nous mettre sur les bons rails pour pouvoir accélérer. Tiens, en parlant de rails, je ferai mieux d’essayer les nouvelles lignes du métro d’Alger. Ça doit sentir encore la peinture fraiche. Depuis le temps que les algérois attendent sur le quai ! Bien que je sois optimiste, je dois dire que je ne suis pas certain de faire partie de ce monde quand le métro d’Alger sera inauguré. Peut-être mes enfants.         

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Pseudo: NekkiniCatégorie: SociétéDescription:
Plus d'un, comme moi sans doute, écrivent pour n'avoir plus de visage. Ne me demandez pas qui je suis et ne me dites pas de rester le même : c'est une morale d'état civil; elle régit nos papiers. Qu'elle nous laisse libre quand il s'agit d'écrire. Mich
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